Brodeur l'immortel
NEWARK | Martin Brodeur a profité de la récente pause du
match des étoiles pour réfléchir à son avenir, en Floride. Il a
rapidement trouvé sa réponse. Malgré ses 39 ans, il n'a pas l'intention
d'accrocher son masque et ses jambières.
Devant son casier, après une victoire de 4 à 3 en tirs de barrage des
Devils face à ses éternels rivaux, les Rangers de New York, Brodeur a
parlé de longues minutes de son avenir.
« J'ai fait ma vie de retraité en imitant plusieurs Québécois et j'ai
passé quelques jours en Floride durant la pause des étoiles, a
expliqué Brodeur. Ça m'a permis de décrocher un peu du hockey, mais
j'ai vite compris que je ne suis pas prêt à arrêter. J'aime encore trop
ça. Je suis revenu lundi de la Floride et j'avais hâte de voir les
gars. J'ai aussi eu du plaisir à l'entraînement dès mon retour. C'est un
bon signe. »
Plaisir retrouvé
Au fil de la conversation, Brodeur a évoqué une seule fois le mot retraite et c'était pour faire un parallèle avec les snowbirds.
Malgré ses 39 ans, une multitude de records, trois bagues de la Coupe
Stanley et quatre trophées Vézina, il n'a rien perdu de sa passion.
« L'an dernier, j'avais de la difficulté à me présenter à l'aréna
tellement nous avons vécu une période creuse, mais cette année, c'est
tout le contraire, a-t-il dit. J'ai retrouvé le sourire et le bonheur de
jouer au hockey. Nous avons un bon groupe de joueurs et j'aime beaucoup
notre nouvel entraîneur, Peter DeBoer. »
Johan Hedberg a fait sa prédiction au sujet de son partenaire avec les Devils.
« Il est fini comme gardien. Il est vraiment trop vieux, a lancé
Hedberg à la blague. Non, sérieusement, je suis persuadé qu'il jouera
encore l'an prochain. Il a encore le talent et l'énergie pour le faire. »
Un contrat à négocier
À la fin de la saison, Brodeur devra cogner à la porte du bureau de
son directeur général, Lou Lamoriello. Le roi des victoires et des jeux
blancs dans la LNH n'aura plus de contrat en poche. Il écoule
actuellement la dernière année d'un contrat de six ans au salaire annuel
de 5,2 millions $.
« La rencontre avec Lou ne me stresse pas trop, a-t-il souligné. Ce
ne sera pas une question d'argent, mais plutôt de savoir si je veux
encore jouer.
« Et à ce sujet, j'ai déjà affiché mes couleurs : je souhaite
prolonger ma carrière. Je devrais revenir avec les Devils puisque je
n'ai pas le goût de regarder ailleurs. »
Brodeur a aussi l'intention de garder son poste de gardien no 1. Il ne s'imagine tout simplement pas dans la peau d'un adjoint.
« Je suis honnête et je peux dire que ça serait trop difficile d'être
le numéro deux. Je ne pourrais pas jouer seulement dix matchs.
« Quand tu joues au hockey, tu ne veux pas être sur le banc. Si je
décidais de le faire, je pourrais récolter quelques millions de plus,
mais ce n'est pas mon but. »
Un très vieux duo
Les Devils n'ont pas un avenir très rose à la position de gardien.
Brodeur soufflera ses 40 bougies le 6 mai prochain et le Suédois
Johan Hedberg n'est guère plus jeune à 38 ans.
« Le futur n'est pas de ce côté-là de la chambre, c'est évident, a
lancé Brodeur avec un grand sourire. Pour l'instant, il n'y a pas de
gardiens dans nos filiales qui pourraient faire le saut immédiatement
dans la LNH.
« Mais, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Les Devils pourraient
obtenir un gardien par la voie d'une transaction ou encore sur le
marché des joueurs autonomes. »
Fidèle aux Devils depuis ses premiers pas dans la LNH, en 1992,
Brodeur a l'intention de travailler pour cette organisation jusqu'au
jour de sa retraite.
Mais, ce jour-là n'a pas encore sonné.